Olivier Jamey, Président de la Compagnie de la Seine, nous parle de sa volonté de faire des Calanques le premier espace de réception vert de Paris
La Compagnie de la Seine se met au vert
Comment l’histoire des Calanques a-t-elle commencé ?
Nous avons trouvé cet espace en 2006 et nous avons tout de suite
pensé qu’il réunissait toutes les caractéristiques pour répondre aux attentes
des clients. Leurs cahiers des charges sont de plus en plus compliqués, et nous
avons la chance de combiner une bonne situation, donc un accès facile, et des
exigences écologiques auxquelles les clients sont de plus en plus sensibles.
Comment expliquez-vous le succès de la salle ?
Nous sommes amarrés en face de l’Ile Saint-Germain, mais à seulement quelques minutes du centre de Paris. Le parking gratuit et la vue sur la Tour Eiffel séduisent les clients. L’architecture de la péniche elle-même, sur deux niveaux, facilite l’organisation des soirées. Ce qui est étonnant est que le succès est venu tout seul, sans même que l’on fasse de communication. Le bouche-à-oreille a suffi.
Pourquoi avoir décidé de jouer la carte green ?
L’idée est née de convictions personnelles, mais c’est également
une demande de la part de nos clients. Aujourd’hui, ils veulent continuer à
faire la fête, mais de façon raisonnée. Les entreprises comme les particuliers
sont sensibilisés à la question environnementale, et souhaitent agir de façon
responsable, en limitant leur empreinte carbone autant que possible. Aux
Etats-Unis par exemple, les Green Weddings
[mariages verts, NDRL] sont très
répandus, et de plus en plus de Français tentent l’expérience à leur tour. L’environnement
est une problématique qui nous concerne tous.
Quels sont les arguments de l’espace des Calanques pour l’organisation de manifestations respectueuses de l’environnement ?
Tout d’abord, son environnement, face
à la nature avec vue sur la Tour Eiffel. Ensuite sa localisation qui implique
peu de trajet pour les clients. Le bilan carbone peut s’alourdir rapidement si
l’on choisit de s’éloigner de la capitale : il représente entre 40 et 90%
de l’impact écologique selon le lieu d’origine. L’équipement nécessaire à la
réception (laboratoire traiteur, son, vidéo, scène…) est disponible sur place,
ce qui limite le transport de matériel. Par ailleurs, nous faisons appel à des
fournisseurs proches de Paris ; nous travaillons par exemple souvent le
maraîcher Joël Thiébault, qui cultive des légumes anciens de très grande
qualité à Carrières sur Seine. Enfin nous avons pris l’initiative d’un
programme expérimental et mesurons à partir des Calanques les rendements des
différentes énergies « propres » disponibles (hydrolien, éolien et
solaire) suivant les saisons dans un objectif de comparaison qui sera utile à
tous pour opter pour les meilleures sources d’énergie sur l’axe de la Seine.
Les clients vous font-ils des demandes particulières ?
Oui, et elles sont de plus en plus pointues. Retransmettre la manifestation par internet, mettre en place des actions de compensation des émissions de gaz à effet de serre par l’intermédiaire d’ONG, utiliser de supports en coton ou en papier recyclé, faire appel à des traiteurs bio… Certaines de nos initiatives personnelles, comme le refus d’utiliser des détergents chimiques, les séduisent. Nous possédons notre propre machine à électrolyse, qui nous permet de produire sur place un détergent naturel très efficace seulement constitué d’eau et de sel.
La démarche de développement durable coûte-t-elle plus cher ?
De façon générale, l’écologie ne doit pas être abordée comme une contrainte, mais comme un nouveau facteur à prendre en compte. Il faut juste reconsidérer les choses, réduire certains postes de dépenses permet d’en compenser d’autres. Chez nous, cela n’a jamais posé problème, le positionnement prix des Calanques a toujours été un atout : le site a évolué progressivement, sans surcoût pour le client. Notre programme de recherche sur les énergies de la Seine s’amortira quant à lui dans la durée.
Est-ce à la mode de proposer ce genre de service ?
Je n’ai pas attendu la mode du green business pour m’intéresser à l’écologie. Lorsque je dirigeais les Vedettes de Paris, j’ai développé un service de bateaux électriques, ne produisant aucune émission, sur le canal St Denis. J’ai été le premier dirigeant de compagnie de transport fluvial de passagers à obtenir la certification ISO 14001* en 2006. Le projet que je mène aujourd’hui aux Calanques s’inscrit dans la même lignée.
*Norme ISO 14001 : Rédigée en septembre 1996 sous l'égide de l’ISO. Elle prescrit les exigences relatives à un système de management environnemental (S.M.E.) permettant à un organisme de formuler une politique et des objectifs prenant en compte les exigences législatives et les informations relatives aux impacts environnementaux significatifs.

